mercredi 10 mars 2010

« Avatar »



L’emballage vaut autant que le contenu, on ne peut séparer le fond de la forme, l’essentiel c’est la façon de présenter ce qu’on dit et non le propos en lui-même. On nous a toujours répéter ces maximes niaisardes, mais le papier cadeau visuel entourant « Avatar », ces effets spéciaux, cette qualité d’image, cette précision dans le mouvement, nous permettent-ils d’oublier tout le reste ? Qu’en a pensé le grand enfant qui sommeille en chacun de nous quand chacun lui avait prédit un noël fabuleux, un noël que les lutins de James Cameron avait préparé pendant 10ans, que ces mêmes lutins étaient censés avoir révolutionné le monde de la grande distribution festive, pour trouver au fond de la boîte, emballé pourtant dans un papier si fin et précieux, une misérable poignée de playmobiles bleus en string de bambou…

Si Lénine avait fait la révolution comme la fit Cameron dans le cinéma, l’Histoire aurait été bien différente…

Peut-on pardonner un scénario poussif et compassif sous prétexte que tout le reste soit irréprochable ? On ne peut objectivement rien reprocher, si l’on fait l’effort de mettre de côté toute critique sur le grand-publissisme d’un film qui fit 2,6 milliards de dollars de profit, quant à la qualité visuelle d’« Avatar ». L’univers créé par James Cameron est réellement magnifique, et chacun muni de sa paire de lunettes 3D ne peut éthiquement se plaindre de quoi que ce soit: Le monde de Pandora est simplement sublime. Mais le sublime visuel ne doit pas être le seul ressort d’un film, il manque forcement une trame pour nous tenir en haleine. Le scénario manichéen mettant en scène un panel de personnages réunissant les plus communs généraux d’armée violents et bellicistes, anciens militaires infirmes, belles sauvages renversants toute l’idéologie occidentale, capitaliste et empiriste, flotte un peu dans une ambiance enfantine d’un « Pocahontas » remasterisé.

« Avatar » devait être un manifeste écologique révolutionnant le monde vieillot du cinéma, mais ne présente finalement qu’un essai artistique réussi, choisissant malheureusement un contexte fictif absurde et maladroit .

1 commentaire:

  1. L'intrigue est bien démontée, j'en viens à justifier mon engouement sur le moment, par la nostalgie de mon Pocahontas bien aimé autrefois.
    La comparaison est parfaite, il y a Les gentils/les méchants, l'idylle mixte, l'appel à la tolérance d'autrui et la protection de la nature! Wow "c'est beau " ...
    Cameron aurait pu assumer, il aurait même du faire chanter Neytiri : http://www.greatsong.net/PAROLES-POCAHONTAS,L-AIR-DU-VENT,101256688.html . ( les paroles du dessin animé peuvent à merveille coller au film c'est assez étonnant.)
    Un hasard, et non une passion frénétique, m'a fait vivre l'expérience en 2D et en 3D. Même si c'est un belle avancée technique pour le cinéma (blablabla ...) j'attendrai que tout ça "avance" encore un peu avant de rajouter 3 euros sans regret! Pour moi la "grande" innovation ne s'est pas révélée être une consacration visuelle, elle ternit les couleurs, et le cadre des lunettes massacre l'effet 3D, oui c'est un pas en avant, deux en arrière, pour l'instant.
    Pensons aussi, aux légendaires occasions de pécho au cinéma, les téméraires et abiles tenteront, les autres le premier coup de lunette suffira à décourager toute prochaine pulsion. Le progrès peut nous détacher volontier des vieilles traditions, mais quand le sacrifice ne vaut pas le coup...

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